Portrait

Moi aujourd'hui
Je vis avec ma fille Thaloula qui est atteinte de paralysie cérébrale avec un retard cognitif de langage et d’autisme. C’est la raison pour laquelle je propose plusieurs prestations à distance.
Je suis rédactrice dans un journal local. J’écris des portraits de vie. Ce que j’aime avant tout, c’est la mise en lumière de ce qui vibre dans l’histoire des personnes rencontrées. Végétarienne, je participe à des activités de sensibilisation pour le respect de toute vie. Je corresponds avec des personnes qui sont dans le couloir de la mort aux Etats-Unis. Ensemble nous écrivons des histoires et partageons des courriers créatifs qui traversent l’Atlantique.
Je suis profondément guidée et inspirée par la sagesse amérindienne notamment celle de la tribu hopi qui m’accompagne depuis l’enfance. Je travaille avec le peuple des plantes qui m’apporte sa sagesse dans la confection de mes élixirs. Selon mes croyances, nous portons tous une médecine. La mienne, la médecine de la Corneille, est exigeante. Elle est basée entre autres sur le respect de notre Vérité et de notre capacité de transformation personnelle. Elle implique beaucoup de résilience. Oiseau mal aimé, il nous permet d’accueillir notre ombre dans la bienveillance et l’amour, de nous reconnecter à la magie de la vie. Une grande partie de mes perceptions et messages sont chuchotés dans mes rêves, c’est pourquoi je dors toujours avec un cahier et un crayon.

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Mon Histoire

Je suis née dans le Jura bernois sous le doux prénom de Nathalie. Enfant, je m’endormais en écoutant le chant de notre rivière. Je communiquais naturellement avec les animaux et d’autres êtres invisibles. Je ressentais ce qui se cachait derrière un sourire, un regard, un silence. Cette hypersensibilité a longtemps été un problème que j’ai « réglé » avec une attitude de sur-adaptation. Ma vie a basculé à 11 ans lorsque j’ai subi des atteintes sexuelles. Je me souviens de la mauvaise odeur du silence.
Plus tard je suis devenue éducatrice spécialisée. J’ai travaillé avec des personnes en profondes souffrances dans le domaine de la psychiatrie, de la toxicomanie et de l’accueil d’urgence. En parallèle de mon travail social, j’ai suivi plusieurs formations en lien avec la nature. Ma vie et ses accomplissements professionnels ont été le fondement de mon identité jusqu’à 35 ans.
Ma vie a basculé une deuxième fois lorsque je suis devenue maman et que j’ai appris les diagnostics médicaux de ma fille. J’ai beaucoup lutté avec moi-même : je ne voulais pas de cette enfant « en retard » qui mettait en lumière beaucoup trop de blessures que je ne voulais pas voir, pas ressentir.
Puis un jour, ma fille âgée de 4 ans s’est applaudi après avoir accompli une tâche toute simple alors que je la regardais, toute crispée devant ce qu’elle ne ferait jamais comme les autres. Elle m’a donné un grand sourire plein d’amour et « m’a dit » avec ses grands yeux bleus : « ‘T’en fais pas, maman, tout ira bien. Regarde, je sais faire ça ! » Et là, j’ai pleuré. J’ai réalisé que derrière le mur de mes peurs et de mes rigidités mentales, il y avait tout l’amour qu’elle me tendait et la promesse de la guérison de mes blessures d’enfant. J’ai cessé toute activité professionnelle pour la scolariser à domicile et lui offrir un accompagnement personnalisé. J’ai donc dû apprendre à m’estimer pour ce que je suis sans identité professionnelle et avec une enfant étiquetée « handicapée » par la société.
Dans ce moment de découverte intérieure et de résilience, mes connexions spirituelles ont fleuri plus que jamais dans le désert que je traversais. J’ai réalisé que j’avais souvent été rejetée parce que je disais la vérité dans des situations où tout le monde préférait se taire. J’ai beaucoup travaillé pour accéder à une autonomie intérieure, pour mon droit à exister telle que je suis, libérée de l’approbation et du jugement des autres. J’ai également dû apprendre à gérer mes « visions » qui parfois devaient rester silencieuses.
Plusieurs années plus tard, j’ai eu envie de célébrer la nouvelle femme que je devenais et j’ai officiellement changé de prénom. Maïrane est née. J’ai mis en acte et en vibration mon nouvel état d’être.
Mes cicatrices sont devenues ma médecine.